Entre Nous L’étrange destin de l’abeille

Publié le par lechallenger

L’histoire se répète-t-elle pour le parti africain pour la solidarité et la justice, notamment l’épisode qui a poussé Soumaïla Cissé et ses camarades à prendre le large au lendemain de la présidentielle de 2002 ? Sauf que, contrairement à 2002, c’est l’inverse qui  se joue en ce moment: après avoir refusé le candidat du parti, le CE se retrouve avec un cadre en rupture de ban. En effet, Soumeylou n’est pas d’accord avec cette option et, manifestement un nombre important d’autres cadres et militants sont de son avis.

Le débat à l’interne risque d’être houleux. Ironie du sort, on était en octobre 2001, lorsque le CE lançait son fameux appel à la  candidature pour l’investiture à la présidentielle. Ils étaient 4 au départ (Soumaïla, Soumeylou, Iba et Mandé), un seul est arrivé en fin de course, contre ATT, IBK et Tiébilé Dramé. De candidat du parti, il n’en était rien, la crème de la Ruche jouant alors au chien gardant deux concessions.

Le jour, aux yeux de tout le monde, c’est Soumaïla et, la nuit, Amadou Toumani, jusqu’au jour où dix cadres du parti, avec en tête, Dr Marimantia Diarra, se démarqueront définitivement, laissant Soumaïla avec un parti diminué, fragilisé et sans âme. Il lui aura fallu le soutien et toute la détermination de ses clubs de soutien pour vaincre l’adversité jusqu’au jour J, c’est-à-dire le second tour. Il n’a pas gagné certes, mais il a mouillé le maillot.

Quatre ans, mois pour mois, c’est le même scénario qui se dessine. Nous sommes en novembre, un mois décidément très symbolique dans la vie des abeilles. Un mois perçu comme propice aux complots, aux compromissions, à tous les coups bas. Les militants et cadres de l’Urd savent de quoi nous parlons. Contrairement à 2002, le parti n’a pas investi officiellement de candidat pour briguer les suffrages des Maliens parce qu’il clame un soutien électoral à ATT.

Or, au même moment, plusieurs de ses  militants et cadres manifestent leur sympathie au premier vice-président, Soumeylou, à travers une grande association bâtie autour de son nom tandis que d’autres soutiennent l’Adj, composée par ailleurs de membres d’autres partis et de la société civile. Il est quasi certain qu’il y’a de l’électricité dans l’air et d’aucun annoncent le feu pour début janvier.

Dans la ruche, semble-t-il, l’heure est déjà au baga-baga. Choqués, mais non surpris, Dioncounda et ses camarades se préparent à livrer une autre bataille, à savoir l’alternatif suivant: ou Soumeylou et ses ouailles rebroussent chemin en revenant dans leur camp, celui d’un soutien total à la candidature d’ATT, ou bien c’est la radiation pure et simple pour eux. Pour la première fois de sa tumultueuse existence, le CE, pardon sa frange proche du palais, pourrait prendre la redoutable responsabilité d’expulser du parti des militants de première heure.

Faut-il donner raison à Mamadou Lamine qui disait en son temps, en 1994 précisément que ce sont toujours les frelons qui s’essaient à la complotite et au risque de brûler s’il le faut la ruche pour assouvir leur instinct de pouvoir et d’argent. L’affaire Soumeylou Boubèye sera différente de celle de Soumaïla en ce sens que le premier a passé le meilleur de sa vie dans les arcanes politiques, les combats de tranchées, la galère de l’opposition et de la clandestinité. Alors que le second s’est tout simplement laissé piquer par le virus, lorsqu’il s’est cru ‘’carapacé’’ pour avoir un destin national. D’ailleurs, il n’y croit plus depuis, et travaille tranquillement à Ouagadougou, dans son domaine de prédilection : les finances.

Contrairement à Soumaïla, Soumeylou ne partira pas. Il est abeille et entend le demeurer, quoiqu’il arrive. Aussi, la question que l’on se pose aujourd’hui et singulièrement dans la base est celle là : comment Dioncounda, Marimantia, Seydou et les autres vont-ils s’y prendre pour radier Soumeylou et tous ceux qui refusent de se ranger derrière un candidat indépendant, Ousmane Sy, El Madani, Abdoul Traoré Diop, Issa Diarra et tant d’autres ?

 

Fausse querelle au président de l’Asma

 

La lettre de Dioncounda ne tient pas la route, à moins que le président du CE ne fasse dans les deux poids deux mesures. Car, il n’est un secret pour personne que la plupart des cadres Adema sont militants d’associations de soutien des œuvres du président ATT, s’ils n’en sont tout simplement pas promoteurs. Que dire alors du cas de ‘’Sacré Seydou des criquets’’, secrétaire politique du CE Adema, bailleur et militant d’une association méprisant les difficultés que connaissent les différentes structures  de l’Adema ? Où sont passés les mouvements des femmes et de la jeunesse Adema ? Ces structures n’ont elles pas besoin de cette manne ? La ruche est malade et les abeilles agonisent du fait des frelons. Le président ATT, à notre avis, a plus intérêt à ne pas continuer à s’aventurer dans un parti déchiré, désorganisé et malade de ses contradictions. Ce n’est pas l’argent de la campagne qui fera le travail, pas en tout cas le bon travail, parce que le doute s’est déjà installé. On ne le dira pas, mais c’est la vérité.

Par Sory Haïdara

 

Publicité

Publié dans lechallenger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article