Lettre à un pèlerin

Publié le par lechallenger

 

 

 

Lettre à un pèlerin

 

Ils seront certainement des milliers ce week-end à Kita pour le traditionnel pèlerinage annuel catholique. Cela afin de rendre gloire à Dieu pour tous ses bienfaits. En même temps lui confier nos joies et nos peines. Celles de tout un peuple, et le prier pour un Mali de paix et de stabilité, d’abondance et de bien-être.

 

Rencontre du temporel et de l’éternel

Tel un long convoi ferroviaire, l’Eglise du Mali s’ébranle et se donne rendez-vous à Kita les 18 et 19 novembre.

Poussés par une force capable de soulever une montagne, ces fidèles ont rendez-vous avec eux-mêmes, avec leur Mère du ciel et avec Dieu. De Kayes à Kidal en passant par Bamako, Sikasso, Ségou et Mopti, ils convergent vers celle qu’on appelle ici Notre Dame du Mali. Qui par train ou par automobile, qui par moto ou à pieds…

Pèlerin, pourquoi donc Kita pour cette rencontre du temporel et de l’éternel ?

Sache pèlerin, que c’est dans cette ville nichée au flanc du Kita Kourou comme un berceau que la Parole de Dieu est venue de l’Occident pour se répandre et rayonner sur tout le Mali. Ces premiers pas datent de novembre 1888. Depuis lors, que de chemin parcouru dans la marche vers la Cité céleste : six diocèses, autant d’évêques et une communauté de fidèles d’au moins cent mille âmes. Sans oublier les prêtres et les religieux, nationaux ou expatriés, tous au service de la Parole de Dieu, au service de leur prochain, de l’homme, de tout homme. Parole de Dieu qui sera célébrée à Kita à travers une animation assurée par Bamako. Voir encadré.

Pèlerin, si la providence conduisait tes pas au bord de la rivière de Bangassi, tend bien l’oreille aux murmures du courant. Cette rivière te fera une confidence merveilleuse. Son secret, te dira-t-elle est que c’est là avec son argile qu’à été modelée la statue de la Vierge Marie par les premiers missionnaires. Elle trône aujourd’hui encore majestueusement dans le sanctuaire de Kita. Défiant les lois du temps et des intempéries !

Pèlerin, souviens-toi que tu es en mission. Porteur de joies et de peines personnelles mais aussi porteur sans aucun doute des soucis, des inquiétudes, des problèmes et des préoccupations de toute une nation. Pour les déposer aux pieds de Notre Dame du Mali, notre Mère du ciel, la Mère du Christ Sauveur. Et Marie auxiliatrice saura, avec sa tendresse toute maternelle, les présenter à son Fils au Cœur glorieux pour nous exaucer.

 

Ferventes invocations.

 

Cela afin que la paix se répande dans les cœurs -parfois endurcis- et qu’elle irrigue nos voies humaines. Afin que le travail dans l’intégrité procure abondance et confort à tous les citoyens. Afin que le Clément nous mette à l’abri des catastrophes naturelles et autres fléaux, et à l’abri de nos propres démons intérieurs.

Pèlerin, comment ne pas faire siennes ces appréhensions par rapport à ces prochaines échéances électorales ? Et prier ardemment afin qu’elles soient justes et crédibles, transparentes et régulières. Avec au bout des dirigeants visionnaires, soucieux du bien-être du plus grand nombre, capables de discernement et de dévouement, d’engagement et d’esprit de sacrifice. En étant convaincus- chacun et tous- que même dans toute l’aridité du désert de nos impasses humaines, le Dieu Tout Aimant y a prévu une source d’eau vivifiante. Puissions-nous alors la repérer et y effectuer une escale bienfaisante pour nous ressourcer.

Alors, notre pèlerinage terrestre, éphémère, aura un sens, tout son sens.

 

 

Décès de l’académicien et ancien journaliste du «Monde» Bertrand Poirot-Delpech

 

La direction du journal «Le Monde» a rendu hommage à l’Académicien Bertrand Poirot-Delpech, membre de la rédaction du quotidien du soir pendant près d’un demi-siècle, qui est mort mardi soir à l’âge de 77 ans.

«C’était quelqu’un qui avait vraiment beaucoup d’allégresse, et qui avait oublié de vieillir», s’est souvenu mardi sur France-Infos le directeur de la rédaction du «Monde», Eric Fottorino.

Décrivant «Poirot», selon «une sorte de diminutif qui lui allait bien», Eric Fottorino a salué un homme qui avait «beaucoup d’enthousiasme, et en même temps beaucoup de connaissances, de sensibilité sur l’écriture, et aussi sur l’aventure que représentait la littérature».

«Les lettres françaises perdent un incomparable défenseur», a réagi Jacques Chirac dans un communiqué. «Son exigence et sa lucidité vont nous manquer», ajoute le chef de l’Etat.

Entré au journal «Le Monde» à 22 ans, en 1951, Bertrand Poirot-Delpech y a d’abord chroniqué le domaine universitaire, les affaires judiciaires, puis le théâtre jusqu’en 1972. Il prend alors la suite de Pierre-Henri Simon, et s’attache à tenir «le feuilleton du ‘Monde des Livres’», a rappelé le directeur de la rédaction du quotidien. Depuis 1989, il tenait une chronique libre dans le supplément littéraire du journal.

Amoureux des livres, Bertrand Poirot-Delpech était aussi un écrivain reconnu, récompensé par le prix Interallié en 1958 pour «Le Grand Dadais», puis lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française en 1970 pour « La Folle de Lituanie».

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il avait été élu à l’Académie française en 1986, au fauteuil de Jacques de Lacretelle.

Journaliste, essayiste, romancier, Bertrand Poirot-Delpech, né le 10 février à Paris, était également membre du comité de lecture de la Comédie-Française. AP

 

«L’évangile» selon «Jean»

 

Les Evangélistes ont rédigé des textes qui rapportent la vie du Christ. Parmi les quatre auteurs, figure Saint Jean. Son homonyme est l’Archevêque de Bamako, lui qui présidera les cérémonies de ce 36è pèlerinage national.

Ainsi se fait l’animation de ce rassemblement religieux à tour de rôle, diocèse après diocèse.

Monseigneur Jean Zerbo ne manquera, certainement pas, d’appeler à une foi plus vivante des fidèles, une foi tournée vers Dieu et vers le prochain. Il suggérera, certainement, plus d’engagement du citoyen chrétien dans la gestion de la cité. Enfin, il exhortera nos dirigeants à consolider la paix et l’unité nationale. Il aura, en définitive, une pensée émue pour les défunts évêques Cissé, Sidibé et Sangaré. Ils prient pour nous. Prions pour eux.

A. J.  K          

 

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