Enfant en prison
Enfants en prison
Les petits pensionnaires de Bollé
‘’L’enfant n’a pas sa place en prison. Cependant, il n’est pas au-dessus de la loi. Il a droit à une assistance judiciaire et un traitement humain’’
C’est le slogan affiché à l’entrée du Centre de détention et de rééducation pour mineurs de notre pays. Notamment, il s’agit de tous ces petits de l’homme tombés très tôt dans le monde de la délinquance.
Les petits pensionnaires de Bollé sont au nombre de plusieurs dizaines repartis entre deux quartiers généraux. L’un est pour les enfants qui sont sous emplacement parental et l’autre est fait pour garder ceux qui sont en infraction avec la loi pénale. Mais il y a un moment précis où tous ces enfants se rencontrent : celui de l’appel.
Au prononcé de son nom par le chef, chacun répond ‘’Présent chef !’’, avant de regagner presto le dortoir. Un autre fait marquant, les petits morveux de Bollé ne bénéficient pas tous du même privilège. Certains ont la chance d’apprendre des petits métiers dans l’atelier du Centre. Plusieurs vont même à l’école. D’autres, au contraire, n’ont que quelques minutes pour humer l’air frais dans la cour. Mais quel que soit leur privilège, il est clair qu’ils vivent tous dans des conditions misérables, privées qu’ils sont de la liberté d’aller où ils voudraient. Car, un enfant a besoin d’espace pour s’épanouir.
Ils font pitié, les mignards de Bollé. Non, parce qu’ils ont commis des actes intolérables, mais parce qu’ils vivent dans des conditions difficiles. C’est vrai que l’enfant n’a pas sa place en prison. C’est vrai qu’à leur âge, ils ont besoin d’aller à l’école ou apprendre un métier pour mieux préparer leur avenir. C’est aussi vrai que l’enfant n’est pas au-dessus de la loi.
C’est aussi vrai qu’il doit bénéficier d’un traitement humain comme toute autre personne, et non celui infâme et dégradant infliger aux petits pensionnaires de Bollé.
Pourquoi y a-t-il autant de délinquants mineurs aujourd’hui qu’hier ?
L’insécurité colle plus que jamais à la peau de notre société. Le phénomène de criminalité se justifie de plus en plus par une perte des repères traditionnels, un questionnement sur les valeurs fondamentales. Les sociétés ne luttent pas contre le crime seulement par des mesures réactives ou répressives, elles recourent aussi à des mesures «proactives» ou préventives. Les citoyens et les pouvoirs publics doivent intervenir de manière non punitive pour détourner les jeunes gens de la délinquance et pour limiter les occasions de crime.
Il faut intimider les mineurs, les empêcher de nuire que de leur faire payer pour leur crime.On fait obstacle au développement de tendances délinquantes des enfants essentiellement en s’assurant que ceux qui risquent de verser dans le crime soient mieux encadrés, mieux protégés et mieux éduqués qu’ils ne le sont. C’est aussi une autre façon de limiter les dégâts de la délinquance.
Chiaka Doumbia