Divorce consommé entre le Parena et Koulouba

Publié le par lechallenger

 

Divorce consommé entre le Parena et Koulouba

 

Les cadres du parti dénoncent les échecs du régime

 

«L’immobilisme auquel ‘’le consensus’’ a abouti s’est traduit par une ‘’suractivité’’ du Mouvement citoyen et une ‘’sous activité’’ des partis politiques. Il y’a là une inversion des rôles qui s’explique par le fait que c’est le Mouvement citoyen qui se trouve véritablement au pouvoir et les partis politiques à la périphérie, craignant presque de prendre les initiatives utiles à l’avancée du pays. N’est-ce pas le MC qui, au nom d’ATT, débauche à tour de bras les militants des partis politiques, exerce sur eux toutes sortes de chantage pour se les rallier, se transformant ainsi en centre névralgique de l’action politique ?»

ça y est ! Le Parti pour la renaissance nationale, comme nous l’écrivions dans notre livraison de jeudi dernier, est en train d’inscrire ses actions dans une dynamique oppositionnelle. A la faveur de sa conférence des cadres tenue samedi dernier au Centre islamique de Hamdallaye, les cadres du parti ont crié haro sur le régime du président Amadou Toumani Touré. Curieusement, cette réaction à rebrousse-poil du Parena intervient quatre mois après la signature des très polémiques Accords d’Alger défendus mordicus par le parti lors de

 ses assises du Kénédougou, et un mois après ce qu’il a qualifié de complot contre son président, Tiébilé Dramé, à propos de l’organisation du sommet France Afrique.

 Il signe des papiers qu’il ne respecte pas

« Il signe des papiers qu’il ne respecte pas. Nous sommes le premier parti à qui il a rendu visite le 3 mai 2002. Et, après, il nous lance des peaux de banane et monte une cabale contre notre président.» a déclaré, approché par nos soins, Djiguiba Kéïta alias Ppr, plus amer que jamais.

Pas vraiment besoin d’être sorcier pour deviner que c’est bien du président Amadou Toumani Touré qu’il s’agit. Il est accusé d’être en guerre ouverte contre les béliers qui, dans un passé récent, prenaient fait et cause pour lui. Le principal animateur de la conférence des cadres, Me Amidou Diabaté, a exprimé, déjà dans son discours inaugural, sa déception quant à la façon dont ATT conduit les affaires du pays, alors même que, selon lui, il a bénéficié d’une chance qu’aucun président n’a eu au Mali : l’accord de la classe politique autour de sa personne sans considération de programme.

Pour lui cette aubaine aurait dû conduire à l’adoption d’une plateforme, d’un programme minimum d’action dans lequel les grandes priorités de la nation se seraient retrouvées. Or, de l’avis du secrétaire général des béliers, le constat est amer. Car, des problèmes récurrents demeurent toujours : pas de politique d’investissement efficace malgré la création du Conseil présidentiel pour l’investissement, les tensions de trésorerie restent préoccupantes. Sur le plan social, la jeunesse manque toujours d’emploi.

L’école est toujours mal gérée.

L’Etat a cessé d’assumer l’école primaire et sa volonté de s’en décharger sur les communes sans que s’en suive le transfert conséquent des ressources. Pour Me Diabaté, le slogan ‘’une école apaisée et performante’’ n’a aucun intérêt si elle ne permet pas de former des cadres compétents pour le service du pays.

Me Diabaté attribue ce qu’il appelle la résurgence de la rébellion au nord le 23 mai à un manque de suivi du Pacte national. Déplore la mise à l’écart de la classe politique et des leaders d’opinion.

  Alhassane H Maïga

 

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