Le syndrome de la division a atteint les magistrats
Et voici le syndicat libre de la magistrature !
Avec la tenue de la convention constitutive du Syndicat libre de la magistrature, samedi dernier, au Centre culturel islamique d’Hamdallaye, il est certain que le syndrome de la division a atteint aussi les magistrats. Malgré, la tentative de conciliation des conseillers de la Cour suprême. Une magistrature indépendante et responsable au service d’une justice de qualité’’. C’est la devise du Syndicat libre de la magistrature porté sur les fonts baptismaux, samedi dernier au Centre culturel islamique d’Hamdallaye par Hamèye Founé Mahalmadane Touré, ex-président du Sam et ses camarades qui ne se reconnaissent plus dans le Syndicat autonome de la magistrature (Sam). Ce nouveau syndicat se fixe comme objectif de réussir une amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats; de défendre l’indépendance de la magistrature; de veiller à la défense des libertés individuelles et des principes de la démocratie; d’exiger de ses membres une saine distribution de la justice ; de rendre la magistrature malienne totalement indépendante mais aussi de responsabiliser les magistrats au service d’une justice de qualité.
Echec de la tentative de
conciliation de la Cour suprême ?
Plus qu’une surprise, la création de ce nouveau syndicat a manifestement semé la panique au sein des conseillers de la Cour Suprême , la plus haute juridiction du pays. S’estimant soucieux de l’unité de la magistrature, certains conseillers ont entrepris une mission de bons offices pour tenter de dissuader leurs camarades fâchés. Ainsi, une délégation comprenant Moussa Kéïta, Mme Diarra Afoussatou Thiéro s’est rendue au centre culturel islamique pour demander à Hamèye et ses camarades de surseoir à la réalisation de leur projet.
Dans son message à l’endroit de ses collègues, Moussa Kéïta, avocat général près la Cour Suprême , a souligné que deux syndicats au nom des magistrats à l’heure actuelle constituent un danger non seulement pour les magistrats mais aussi pour les justiciables. A en croire Moussa Kéïta, cela va contribuer à les affaiblir davantage face aux pouvoirs publics.
Selon lui, le Syndicat autonome de la magistrature demeure le seul instrument capital pour la sécurisation des magistrats. C’est pourquoi la Cour suprême, estime-t-il, rejette le spectre de la division. Dans la courtoisie, les initiateurs de ce projet ont rejeté les propositions faites par M. Kéïta relatives à la création d’un comité de crise pour gérer le Sam d’ici le congrès et le paiement des arriérés de cotisations. Mais ils n’ont pas exclu une fusion avec le Syndicat autonome de la magistrature.
A l’issue des travaux, un bureau de 17 membres présidé par Hamèye Founé Mahalmadane Touré a été mis en place.
Chiaka Doumbia